Questions & réponses sur les bâches géantes sur échafaudage

11 Mai. 15

Suite au projet de loi visant à interdire les publicités géantes sur les échafaudages, voici quelques questions (accompagnées de nos réponses) posées par des journalistes lors de nos interviews, des « anti bâches publicitaires » sur les réseaux sociaux, des propriétaires ou tout simplement des passants souhaitant davantage d’informations.

A quoi servent ces grandes bâches publicitaires sur échafaudage ?
Ces grandes toiles publicitaires permettent de financer une partie des travaux de restauration de l’immeuble sur lequel elles sont implantées.
En fonction de la nature des travaux, de leur durée, de l’exposition offerte, ces grandes bâches permettent de réduire la facture de 10 à 50% pour le propriétaire du lieu.

Qui peut en bénéficier de ces publicités sur façade ?
Les propriétaires public et privé peuvent bénéficier de cet apport. Notre société est d’ailleurs née en 2009 avec la problématique de propriétaires privés place Bellecour à Lyon. Ces derniers ne pouvaient boucler leur budget de restauration. Après 10 mois de travaux et autant d’annonceurs nous avions réussi à apporter près de 45% du montant total !

Quelle est la règlementation au sujet des publicités sur immeuble ? Peut-on craindre d’en voir de partout ?
Non. Deux points sont à étudier en amont de ce type de projet.
Il faut tout d’abord veiller à respecter la règlementation. Soit l’immeuble est protégé (classé ou inscrit par les Bâtiments de France), auquel cas nous pouvons intervenir, soit, s’il ne l’est pas, il faut se renseigner sur la règlementation locale en matière de publicité.
Quelques villes seulement autorisent ce type d’opérations quand l’immeuble n’est pas protégé : Neuilly sur Seine, Marseille… (Autres villes nous consulter).
Le second point à étudier est la visibilité offerte à une marque, qui part la location de l’espace permettrait d’aider le ou les propriétaires à rénover leur bien. Notre expertise métier permet de « quantifier » le potentiel d’un emplacement. Quand ces conditions ne sont pas réunies, aucune toile ne peut être posée.

Comment sont-elles encadrées ?
Les municipalités, par le biais de leur Règlement Local de Publicité, le Ministère de la Culture par le biais de leur Direction Régionale veillent au grain ! Chaque emplacement doit être validé, chaque campagne, message passent entre leur main. Ceci permet d’assurer la conformité de nos réalisations avec les textes en vigueur.

Ne serait-ce pas à l’Etat ou aux municipalités de payer ces travaux ?
Pourquoi pas… mais les finances sont au plus bas et d’autres priorités (éducation, emploi etc.) nécessitent des fonds importants.
Le financement de la restauration du patrimoine, encore une fois public ou privé, nécessiterait la levée de nouvel impôt. Il ne nous semble pas que ceci serait le bienvenu !

Quelle autre solution serait envisageable ?
D’autres solutions existent mais leur mise en place ne permet pas les mêmes résultats. Je pense au mécénat et au crow funding (ou financement participatif).Dans le premier cas les entreprises recherchent plus de visibilité en contre partie de leur investissement. 

Dans le second, ces « levées de fonds » permettent de drainer quelques dizaines de milliers d’euro. Nous sommes loin des 98 millions d’€ générés depuis 2008 (sources GMH).
Nos toiles ne sont peut-être pas, pour une minorité, la meilleure solution… mais nous n’en connaissons pas d’autres aussi efficaces !

Quel est l’intérêt pour les municipalités ?
Les ravalements se font plus rapidement, dans de meilleures conditions. Les villes sont donc plus belles.
Les entreprises « locales » travaillent ce qui est bon pour l’emploi et le dynamisme des tissus économiques.
Ensuite elles collectent la TLPE (Taxe Locale sur la Publicité et les Enseignes) qui représentent plusieurs dizaines de milliers d’euro par site et par an (à Paris 5€ / m² / mois). Cette « collecte » bénéficie aux habitants !

Pourquoi ne pas mettre des trompes l’œil de partout ?
Tout simplement parce que les fenêtres ne financent pas les travaux ! Les œuvres d’art non plus.
Nous pensons par exemple à la réalisation de l’artiste JR. Ne nous trompons pas. Celle-ci a permis de cacher les travaux mais en aucun cas de drainer des fonds comme aurait pu le faire une toile publicitaire.
Attention néanmoins, nous ne disons pas qu’il faut mettre de la publicité de partout, certains lieux (Panthéon dernièrement) peuvent rester préservés. L’ensemble des acteurs du marché doivent prendre le temps de la réflexion sur chaque lieu.

Ces bâches XL sur façade sont-elles posées sans limite de durée dans le temps ?
Non, uniquement pendant la durée des travaux.
En outre il faut savoir que 100% des fonds récoltés doivent être affectés aux travaux. Nos toiles grands formats sont éphémères !

Ne sont-elles pas un peu « moches » et en contradiction avec la beauté des bâtiments ?
Certaines campagnes peuvent être plus réussies que d’autres, c’est vrai. Rappelons en général que les marques tentent plutôt de séduire leurs clients que de les faire fuir…
En revanche elles sont toutes légales puisque validées, rappelons-le, soit par la DRAC, soit par les villes.
Est-ce pour cela que l’on doit interdire cette activité – sans compensation je le rappelle ? Nous en doutons.
Il faut ajouter que les textes sont clairs à ce sujet : seule 50% de la surface totale imprimée peut être dédiée à un annonceur, le reste doit être consacré à un décor qui permet d’intégrer au mieux le message dans l’environnement du site.
Autrement dit, les marques payent un prix important pour n’utiliser « que » 50% de la surface totale !

Ces bâches géantes font fuir les touristes…
Il faudrait produire une étude sérieuse à ce sujet…. C’est en effet un argument utilisé par certains.
Les seuls chiffres que nous avons, par exemple sur Paris, c’est que le nombre de touristes ne cessent de croitre depuis 10 ans ! Ces chiffres sont régulièrement publiés et donc facile à trouver…
Rome, Venise en Italie pour ne citer qu’elles ont été les premières villes à recourir aux toiles sur échafaudage pour financer leurs travaux. Hésiteriez-vous à visiter ces joyaux à cause des bâches sur façade ?
Si nos toiles n’étaient pas présentes il y aurait un échafaudage avec un filet… est ce plus esthétique ? Ce que je peux affirmer c’est que ça ne rapporterait rien !

Que faites-vous de vos bâches une fois la campagne terminée ?
Deux possibilités sont offertes. Soit elles partent dans notre programme de recyclage traditionnel, soit on peut leur donner une seconde vie avec des entreprises spécialisées (Bilum, Réversible).
Ces toiles sont conçues en PVC… on peut en faire des tableaux de bord de voiture, des terrains de foot en synthétique, des stylos… ce matériel se recycle parfaitement à condition de confier les bâches usagées aux bonnes personnes !
Chez nous 100% des toiles que nous récupérons partent dans ce programme, et ce, depuis le début de notre activité.
Seconde solution, les marques peuvent les récupérer et les transformer en sacs, housse d’ordinateur et autres objets mode. Là aussi ces toiles sont d’excellents matériaux de base à la créativité !

Cette proposition de loi votée en première lecture à l’Assemblée Nationale semble donc une hérésie ?
Nous le pensons, et ce pour plusieurs raisons.
D’abord parce qu’aucune solution de remplacement n’a été imaginée. En d’autres termes on coupe un robinet et on ne propose pas d’autres sources alors que ceci ne coute absolument rien à la collectivité rappelons-le !
Ensuite parce que les raisons sont totalement subjectives et les arguments peu vérifiables. L’ensemble des points développés par ces détracteurs peuvent être « décousues » en quelques secondes. Nous n’avons pas encore entendu un argument qui nous ait donné à réfléchir.
Enfin car les toiles publicitaires sont la phase visible de l’iceberg. Derrière l’apport financier se cache les dizaines de milliers d’emplois dans le bâtiment, dans la restauration ; se cache également le savoir-faire ancestral, unique de certains corps de métier sur des détails qui font la différence ; se cache enfin la valorisation de nos villes, de notre patrimoine.

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