Élaboration des nouveaux règlements de publicité à Lyon et Paris

28 Mar. 19

Si les villes de Paris et Lyon sont différentes à bien des égards, elles possèdent un patrimoine riche et reconnu, ainsi qu’une réglementation locale en matière de publicité et d’enseigne presque identique.

Nous parlons ici de ces grandes bâches XXL posées sur les échafaudages pendant les ravalements d’immeuble ou la restauration de Monuments Historiques. Pour ceux qui se poseraient des questions à ce sujet, lire nos différentes tribunes comme « questions sur les toiles », « les ravalements à » etc
En résumé, si des propriétaires, qu’ils soient publics ou privés souhaitent réaliser des travaux et financer une partie de ces derniers par la publicité sur façade, alors il est nécessaire que le bien soit classé ou inscrit. Critère trop restrictif et injuste pour de nombreux propriétaires.

Devant le mécontentement de certains qui voyaient leur voisin profiter de cette ressource qui leur est interdite, des échanges, des réunions, des tribunes ont été organisées ; la « pression » a été mise sur les élus afin que la répartition soit plus équitable. Il est vrai que les normes évoluant, les ravalements coûtent de plus en plus cher aux propriétaires, et sont de plus en plus fréquents !

Lyon et Paris sont dans ce cas, et doivent remettre une nouvelle copie de leur RLP dans les prochains mois avec application en 2020. Des commissions mêlant professionnels, propriétaires, professionnels de l’immobilier, collectif anti publicité se sont donc réunis, sous l’impulsion de la ville de Paris et de la Métropole de Lyon. Il faut dire que le sujet des grandes publicités sur échafaudage n’était pas le seul thème. La révision des règlements locaux va également être l’occasion de parler d’enseigne, de publicité sous les nouveaux formats digitaux, des panneaux d’affichage et autres nouveaux modes de communication extérieur etc.

Si l’idée de faire profiter des recettes publicitaires au plus grand nombre peut apparaître comme juste et comme une bonne idée il est tout de même, à notre sens, absolument utile de se poser quelques questions.
La principale selon nous est « qu’attend-t-on de ces recettes par la publicité ? ». Souhaite-t-on diminuer le reste à charge des travaux pour les propriétaires ou bien souhaite-t-on financer dans les meilleures conditions des travaux de qualité que les propriétaires ont du mal à financer sans subventions ?

Il est vrai que certains biens, possédant une excellente visibilité due à une position « prime » dans la ville, vont générer de nombreuses locations d’espace d’affichage grand format. Mais que vont permettre les recettes ? Le bien possède-t-il des caractéristiques architecturales qui nécessitent l’intervention de compagnons très spéciaux dont le taux horaire est supérieur à la moyenne ? La copropriété est-elle en difficulté financière ? Cette dernière va-t-elle améliorer, par ces travaux, sa dépendance énergétique ? Va-t-on faire mieux, plus beau ou bien uniquement diminuer la cote part de chacun ? Nous trouvons bien entendu légitime la volonté des propriétaires de faire baisser leur investissement – qui ne le voudrait pas – mais attirons l’attention sur les « risques » métiers.

A l’inverse certains biens non protégés, ne pouvant aujourd’hui recevoir d’aides par les toiles publicitaires géantes, pourraient financer la valorisation de leur bien, de la ville, par l’aide que représentent ces bâches publicitaires. Nous pensons à de nombreux immeubles Haussmanniens dans Paris, ou en pierre de taille dans Lyon.

Du côté des marques, il est nécessaire de conserver une certaine rareté, une exclusivité pour que ces dernières continuent de vouloir investir sur ce média premium. Il est également primordial de faire perdurer l’association à un projet de restauration et pas uniquement à une audience. Racontons de belles histoires, pensons transmissions et pas uniquement ROI !

Trop d’emplacements d’affichage grand format sur échafaudage dans la même ville et les recettes pour les propriétaires vont chuter, les riverains qui soutiennent ces initiatives pourraient se plaindre d’encombrement publicitaire. 

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